À
partir d'un petit noyau de cinq participants volontaires pour relancer ce
groupe de travail mis en sommeil pendant quelques années, le
groupe "Soufre" a tenu une première réunion
le 8 septembre 2003.
Dans
un premier temps deux axes de travail ont été retenus :
1- Etat du bilan de l'élément nutritif soufre en France
2- Inventaire des préconisations en matière de fertilisation
soufrée
À plus long terme le groupe envisageait de se pencher sur les méthodes
analytiques de dosage du soufre et les outils de diagnostic de la nutrition
soufrée des cultures.
Lors
de sa seconde réunion du 3 décembre
2003 le groupe s'est étoffé à 10 participants
représentant les instituts techniques (Arvalis, Cetiom), l'industrie
des engrais (Fertiva, Grande Paroisse, Kali und Salz, Unifa) et du soufre
(Cerexagri), les laboratoires (Laboratoire d'Analyses et de recherche de
Laon).
Pour élargir sa représentativité le groupe souhaite
intégrer un représentant des chambres d'agriculture et un
agronome de la distribution agricole.
Éléments
du bilan du soufre au niveau national
:
Entrées :
- Apports
par les engrais minéraux : grâce à la compilation
statistique effectuée par l'Unifa on sait que en 2002-03 l'apport
de SO3 a été de 474.369 t (hors soufre des engrais magnésiens)
soit une estimation totale de l'ordre de 560.000 t SO3. Ces apports ont
baissé de 1998 à 2001 pour remonter légèrement.
Quant à la structure de cette consommation on note que si les engrais
composés contribuent pour la moitié, les azotés soufrés
se sont renforcés au fil du temps au détriment des apports
de soufre par les engrais phosphatés. Régionalement ces
apports de soufre ont diminué surtout dans les régions d'élevage
et de polyculture-élevage (Bretagne, Pays de Loire).
- Apports
par les déjections animales : alors que le soufre des engrais minéraux
est sous forme sulfate, donc directement assimilable, celui des engrais
de ferme n'est sous forme minéral que pour une très faible
proportion. L'essentiel du soufre des déjections animales se trouve
sous des formes organiques, dont la biodisponibilité l'année
même est minime (minéralisation annuelle de 1 à 3%
de ce soufre organique d'après des travaux danois). En tout état
de cause l'estimation de cette source " déjections animales
" aboutit à environ 325.000 t SO3 Régionalement cette
source n'a de forte incidence qu'en Bretagne principalement.
- Retombées
atmosphériques : 14 kg SO3 /ha/an de déposition en 1997,
ce qui laisse supposer un chiffre autour de 10 à 11 kg aujourd'hui
- Pas d'information
sur les apports par les résidus de l'industrie agroalimentaire
, les boues d'épuration et les eaux d'irrigation
Sorties
:
- Exportations
par les cultures : en reprenant la méthodologie de l'étude
FNIE- The Sulphur Institute de 1982-83, on aboutit pour 2003 à
955.946 t SO3 soit 10% de plus qu'il y a 20 ans (progression des rendements
et forte hausse de la sole colza)
- Lixiviation
: un poste éminemment variable qui va de quelques dizaines de kg
à 340 kg SO3 /ha/an selon pluviométrie et type de sol. Une
estimation totale annuelle de ces pertes au niveau national est impossible.
Cette approche
bilan laisse penser que dans les régions de grande culture les besoins
totaux en soufre, en particulier lors des années de forts rendements,
ne sont pas complètement couverts. Il faudrait toutefois affiner
au niveau régional, tout en sachant que le bilan est surtout pertinent
au niveau de l'exploitation et pour les cultures les plus exigeantes en
soufre.
L'état
des préconisations actuelles :
Il semble qu'elles ne concernent que le colza et les céréales
à paille, ce qui est logique compte tenu de l'importance de la nutrition
soufrée pour ces cultures.
- Colza :
la préconisation CETIOM de 75 kg/ha SO3 établie voici 15
ans est largement suivie d'après leur enquête annuelle. Toutefois
25% des surfaces de colza en reçoivent aucun apport de soufre.
Pas de préconisation quant au type d'engrais soufré par
le CETIOM.
- Blé
tendre et orge d'hiver : Arvalis a publié en avril 2003 une grille
réactualisée. En fonction de 3 critères (sol, pluviométrie
d'octobre à février, et apport de soufre sur précédent)
elle préconise de 0 à 40 kg/ha SO3 avec une préférence
pour les azotés soufrés. Pas d'enquête permettant
de cerner les pratiques réelles des céréaliculteurs.
Aucune donnée
sur les cultures fourragères qui sont pourtant consommatrices importantes
de soufre.
Les producteurs d'engrais ainsi que la distribution propose une offre large
d'engrais contenant du soufre : les positions commerciales se prennent toutefois
tôt compte tenu des achats de morte-saison par les distributeurs.
Programme
de travail du groupe en 2004
:
- Un test
interlaboratoires (labos et constructeurs de matériel d'analyse)
consistant à doser le soufre total d'un échantillon de référence
(blé tendre ou colza) pour appréhender la variabilité
interlaboratoires. Une participation financière du Comifer sera
sollicitée pour la logistique de ce test.
- Présentation
des travaux donnant lieu à une thèse parrainée par
Grande Paroisse sur " l'étude du métabolisme azoté
soufré du blé tendre à partir d'une fertilisation
NS par voie foliaire "
- Méthodes
de diagnostic de la nutrition en soufre des cultures
Pour toute
information concernant ce groupe, merci de contacter l'animateur Hubert
VIS (Kali & Salz France) : hubert.vis@kalifrance.com.